09.11.2009

La patriotisme à Vanves n'est pas un vain mot

A quelques jours du 11 Novembre, nous avons interviewé Paul Guillaud, Président de la section Vanves/ Malakoff de l'UNC. L'occasion de parler de l'histoire de notre pays, mais aussi d'une présence indispensable pour que les générations qui passent n'oublient pas les épreuves traversées par notre pays.

 

 

Paul Guillaud, pouvez-vous nous dresser un rapide portrait de votre action militaire ?

 

En fait je suis un « soldat de réserve » et je n’ai pas d’action militaire ni de  « passé militaire » à mon actif.

En revanche, j’ai revêtu mon premier treillis en octobre 1972, il y a  37 ans, et  je suis chef de bataillon de réserve.

Elève PMS, préparation militaire supérieure, à 16 ans, élève officier de réserve à 17 et aspirant à 18, j’ai servi au 1er régiment du Génie à Strasbourg comme chef de section combat-travaux, puis j’ai suivi la formation pour obtenir  en 1978 le diplôme d’Officier de réserve  spécialiste d’Etat Major.

J’ai alors servi à l‘état major du 3ème Corps d’Armée , de sa création en 1979 à sa dissolution en 1999.

Parallèlement à ces activité de réserve « active », on dirait aujourd’hui «  opérationnelle »,  j’ai toujours participé au lien armée-Nation et à la défense du monde combattant au sein d’associations patriotiques ou de réserve.

Administrateur de la RORSEM, je suis également Commissaire à La Flamme sous l’Arc de triomphe, et après avoir été membre et président de la section Soldats de France  de Vanves il y a quelques années, je suis président de la section de Vanves-Malakoff de l’UNC, Union Nationale des Combattants, depuis mars 2007, et son premier président « non-combattant ».

                
 En quoi consiste l’UNC ?


A l’instigation du Père Brottier, aumônier de la Grande Guerre, et de Georges Clémenceau, le Père la Victoire, l’UNC a été déclarée le 11 novembre 1918 et comptera près de 100 000 membres dès sa première assemblée générale en 1919.

Le général DURAND, premier président de l’UNC,  trouvera la phrase qui allait devenir sa devise : « UNIS COMME AU FRONT ». C’est une fédération apolitique pour la défense du monde combattant.

Rappelons qu’à sa création en 1918, de nombreux mutilés étaient retournés à la vie civile, et que le système de pensions militaires de l’époque datait de 1831 et avait été créé pour une armée de métier, et pas pour une guerre ayant mobilisé huit millions d’hommes et en ayant perdu un million et demi !

Les premier services rendus par l’UNC furent de mettre en œuvre et d’obtenir la reconnaissance morale vis-à-vis des anciens combattants, puis une reconnaissance matérielle impérativement nécessaire. Cette action sociale se faisant en partenariat avec les offices nationaux des mutilés, des pupilles puis des anciens combattants dont l’ONAC est l’héritier.

L’UNC agit pour le maintien du droit à réparation pour les anciens combattants ( carte du combattant, Titre de reconnaissance de la Nation, Retraite mutualiste du Combattant, etc…)

Elle mène une action sociale en faveur des anciens combattants les plus démunis et une action civique en rappelant le prix de la liberté et de la paix.

L’UNC est maintenant une fédération d’associations. Elle est reconnue d’utilité publique. Elle a vocation à rassembler toutes les générations de combattants, et tous ceux qui ont servi sous les drapeaux, Depuis 1975, l’AEVOG association d’entraide des Veuves et Orphelins de Guerre, fondée en 1944, a rejoint l’UNC.

L’UNC a tissé des liens avec les autres associations étrangères d’anciens combattants dans et hors l’Europe et elle mène une action humanitaire dans les territoires devenus « indépendants » en Afrique.

L’UNC n'a pas voulu abandonner ses frères d'armes qui ont participé à tous nos combats de 1914-1918, 1939-1945, Indochine et Afrique du Nord.

 

Quel est le sens de l’action menée en direction de l’Afrique ? Est-ce que les Vanvéens peuvent participer à cette action militaire ?

 

L’action de l’UNC en Afrique date de 1990.

Après la décolonisation, la retraite des anciens combattants africains ne leur permettait pas de conserver leur pouvoir d'achat, du fait de la cristallisation des pensions militaires.

Leurs besoins sont immenses. Le premier des besoins concernait la santé et plus particulièrement la vue. Le continent africain,  c'est 17 millions d'aveugles !!

L’UNC a réussi à créer un réseau de dispensaires pour permettre aux Anciens combattants africains, ainsi qu’à leurs familles, d’accéder aux soins médicaux, au Burkina Faso : Ouagadougou, Tenkodogo, Ouahigouya, au Congo : Brazzaville, en Côte d’Ivoire : Abidjan, au Gabon : Libreville, au Mali : Bamako, Mopti/Sévaré, au Niger : Niamey, au Sénégal : Dakar, Saint Louis, Tambacounda, Thiès, au Togo : Lomé.

 

Dans chacun des pays africains concernés, des dispensaires ont été créés avec l’aide des autorités locales et la participation de médecins et d’infirmiers qui assurent, eux aussi, des prestations bénévoles. Parfois, lorsque cela peut se faire, des médecins militaires français en séjour en Afrique assurent des permanences dans les dispensaires.

En Afrique, de nombreux dispensaires ne fonctionnent que grâce aux aides et dons de l’UNC. Certains sont parties intégrantes du patrimoine du groupe « UNC Hauts de Seine », dont la présidente, Madame Tellier, œuvre à ce titre avec conviction et don de soi depuis de nombreuses années.

L’UNC a assuré des ramassages importants de médicaments non utilisés rendus par les usagers aux pharmaciens, triés avant l’envoi, de matériel médical et de matériel pour handicapés récupérés, le tout ayant été expédié vers les dispensaires d’Afrique avec l’aide des moyens logistiques du Ministère de la Défense.

Nous déplorons d’ailleurs que, désormais, nous ne pouvons plus récupérer les médicaments non utilisés et rendus en pharmacie.

L’UNC des Hauts de Seine a aussi pu créer au Sénégal des Centres et Ecoles de couture en expédiant des dizaines de machines à coudre permettant notamment aux jeunes filles désœuvrées d’apprendre un métier.

Nous recherchons principalement aujourd’hui des lunettes d’enfant, pour un envoi à Thiès, au Sénégal, ou une activité d’ajustage optique  est en cours d’installation au centre médical avec deux jeunes sénégalais formés en France et diplômés opticiens.

Nous continuons la collecte de lunettes, d’équipements et d’appareillages pour handicapés, et depuis deux ans nous collectons également les radiographies. 

Les Vanvéens peuvent nous apporter tout cela au local dans la maison du Combattant, 40 rue Sadi Carnot à Vanves. Nous y tenons une permanence les 1er et 3ème dimanche de chaque mois de 11 h à midi.  

                                                  

Qui est membre de l’UNC ? Faut-il nécessairement avoir été militaire pour vous rejoindre ? Quelle place est laissée aux plus jeunes ?

L’UNC rassemble « unis comme au Front » toutes les générations du Feu, de tous les conflits, avec ou sans uniforme, les prisonniers de guerre, mais aussi les militaires des Opérations extérieures, OPEX, Intérieures, OPINT Vigipirate, militaires d’active ou de réserve.

Elle fédère les Veuves et Orphelins de Guerre.

Elle est ouverte également à toutes les personnes ayant effectué une préparation ou un service militaire, ou désormais une JAPD ( journée d’appel et de préparation à la défense)

Respect, patrie, devoir, mémoire, entraide, etc… sont des idéaux que les membres de l’UNC veulent transmettre aux jeunes générations, générations que l’UNC a toujours souhaitées  en son sein, d’abord les « Jeunes de l’UNC »  entre les deux guerres mondiales, puis « Soldats de France » et maintenant directement sous le vocable UNC . L’UNC a bien compris que les jeunes générations sont à la fois notre avenir et les garants de la continuité du souvenir


Quels sont vos rapports avec les autres associations patriotiques à Vanves?

 

Je pense que nous avons de bons rapports avec l’ensemble des associations patriotiques présentes sur Vanves, y compris la FNACA, « concurrente » de l’UNC AFN ,  mais dont les statuts ne permettent pas l’entrée de jeunes générations !. Malgré nos divergences sur certaines dates, il faut rappeler que nous œuvrons pour le même but, l’entraide aux anciens combattants, la reconnaissance de leurs actions, le souvenir du monde combattant, la continuité de la mémoire, la participation aux cérémonies patriotiques. Nous participons à ce titre au comité local des associations patriotiques avec également les déportés et internés, la société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur, etc..

 
Quelles sont les actions menées par l’UNC ? Envisagez-vous d’une manière ou d’une autre d’avoir des actions en direction des jeunes élèves des collèges ou du Lycée ?

 

Je ferai une distinction entre les actions de l’UNC et celles de notre section locale, ayant peu de moyens et qui, malheureusement, voit chaque année disparaitre quelques uns de ses membres.

L’UNC participe activement  aux débats sur le Monde Combattant, aux travaux de l’ONAC, aux discussions sur la retraite du Combattant, qui dans les faits n’est qu’une petite indemnité de réparation !. Elle participe également aux travaux sur l’assujettissement des nouvelles générations du Feu ( OPEX, maintien de la Paix , etc..) aux droits des anciens combattants.

La section UNC Vanves Malakoff s’associe à toutes les actions de  l’UNC tant départementales que nationales.

 

Mais notre action locale se cantonne principalement à l’aide aux ayants-droits de l’ONAC pour faire reconnaitre leurs droits à l’obtention de documents ou aides, et à la participation aux cérémonies patriotiques.

Effectivement certaines actions sont délibérément faites vers les jeunes. Ainsi, Madame Tellier s’entoure de jeunes lauréats du concours de la résistance, des collèges et lycées, lors de la cérémonie émouvante au mémorial du Mont Valérien.

L’UNC s’associe également, avec l’association des Officiers de Réserve du 92, à l’opération « un dessin de Noel pour nos soldats », permettant à des enfants des écoles primaires d’adresser un dessin qui sera inséré dans un colis de Noel pour les militaires en opérations extérieures. La mise en œuvre dans les écoles de cette opération est en revanche du ressort et du seul bon-vouloir des chefs d’établissement !

 

Nous avons à l’étude un voyage scolaire sur un lieu de mémoire avec l’appui de l’ONAC et de la Fédération Maginot

Egalement, cette année, pour la première fois, une JAPD, journée d’appel et de préparation à la défense, s’est tenue à Vanves, dans le lycée Michelet.

Espérons que cette initiative sera reconduite pour les jeunes de notre commune.

Mais il serait souhaitable que, comme dans d’autres communes, les associations d’anciens combattants soient associées à ces journées, pour le rappel sur le devoir de mémoire.


Quelle est pour vous la définition du devoir de mémoire ?

 

C’est une question intéressante, car depuis quelques temps il est fait distinction entre devoir de mémoire, travail de mémoire, mémoire et histoire, mémoire et solidarité, etc.. et il y a débat sur les activités mémorielles.

L’histoire est indispensable pour comprendre le passé, l’histoire ne juge pas. L’histoire existe en dehors de l’événement, c’est un peu la compréhension scientifique du passé.

Au contraire, la mémoire, par nature sélective, se situe à l’intérieur de l’événement, c’est une information souvent  collective transmise par des contemporains de l’événement.

La mémoire est indispensable pour construire le présent.

 

Le devoir de mémoire doit éviter l’oubli, mais un devoir est par nature « imposé » et il faut maintenant rechercher les « passeurs de mémoire ».

Je reprendrai à ce propos les pensées du général Combette, Président d’Honneur du Comité de la Flamme :

« Entre Mémoire et Histoire, Hommage et Espérance, il y a un relais à prendre…Il faut l’hommage aux morts au champ d’honneur et pour le service de la France, mais aussi l’espérance pour un monde de paix et de fraternité. »

Ces propos sont rappelés aux jeunes présents au ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

 

Quel est le message à adresser aux nouvelles générations au nom des sacrifices humains du 20ème siècle ?

 

Je pense qu’une phrase du général Combette s’impose pour ce message :

« C’est aux jeunes de forger le monde, en associant le passé, qu’ils ont à connaitre, et l’avenir, qu’ils ont à construire ! »

Quelle est la question à laquelle vous auriez souhaité répondre et que je ne vous ai pas posée ?

Pourquoi n’il y a-t-il pas plus de drapeaux portés par l’UNC lors des cérémonies alors que la section UNC de Vanves Malakoff revendique la garde de sept drapeaux ?

 

Il est certain que, par exemple,  nos amis de Malakoff sont étonnés de ne pas voir le drapeau de la 51ème section de Malakoff, rattachée à Vanves,  lors des cérémonies patriotiques à Malakoff.

C’est effectivement dommage, mais tout simplement lié au fait que nous n’avons pas de porte-drapeau disponible pour assurer une participation à Malakoff ou pour porter d’autres drapeaux à Vanves..

C’est une fonction ingrate et les volontaires ne sont pas nombreux !

Je profite donc de cet interview pour lancer un appel….

Si vous connaissez un jeune,… ou moins jeune, qui se sente attiré  par l’honneur de porter le drapeau de notre Patrie et de notre association, n’hésitez pas à nous en informer. Nous mettrons tout en œuvre pour l’aider.

 

Enfin j’invite les vanvéens à venir nous rencontrer à la permanence à la Maison du Combattant et à consulter le site internet de la section,  http://sites.google.com/site/uncvanves92/   .