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04.05.2008
C'est la semaine de l'Europe à Vanves comme ailleurs
L'antenne de Vanves vous invite à Lille. Les détails sont à noter en cliquant sur le lien suivant http://mouvement-europeen-vanves.over-blog.fr/
Mai 68 au Lycée Michelet et à Vanves (Suite)
Avec la mobilisation des lycéens, des enseignants et leurs syndicats contre le projet Darcos à un moment où l'on célèbre Mai 68, on ne peut pas ne pas se souvenir de faits qui ont concernés le lycée Michelet voilà 40 ans et que le Blog vous raconte à travers quelques articles, au fil de ce mois de Mai 2008. A Michelet, les lycéens ont joué les prolongations après Mai 1968
MICHELET : UNE VERITABLE PETAUDIERE
Mais voilà, après « cette folie drôle, il y a eu une répression terrible » selon ce vanvéen qui était alors en 6éme et qui se souvient de cette grande réunion « où le proviseur nous a dit que les cours reprenaient ». Mais voilà, cette contestation lycéenne ne s'est pas arrêtée pour autant, et s' est prolongé jusqu'à la fin des années 1970. Elle a même connue un pic en 1973 que René Rémond appelait le « Mai 68 des lycéens » : « Juin 1968, loin d'être un retour à l'ordre, n'est que le début d'un mouvement qui va surprendre par son ampleur les observateurs de l'époque, le corps enseignant, les administrations et le pouvoir politique » en touchant tous les lycées, tous les cycles et tous les thémes : « la contestation commence sur un problème purement disciplinaire et reprend des thèmes de contestation que l'on retrouve chez les ainés (culturel, antimilitaristes, féministe).
Tout cela se passe dans un contexte scolaire d'augmentation exponantielle des effectifs qui n'a pas été anticipée. L'administration mettra plus d'une dizaine d'années à juguler le problème des grandes unités de 2000 à 3000 élèves comme les lycées Balzac, Michelet, Paul Valery qui sont des abcès de fixation de la contestation » explique Didier Leschi dans une lettre d'information consacrées aux années 68, en constatant que peu se souviennent de ce mouvement de contestation avec ses sigles comme le CAL (Comité d' action Lycéen) noyauté par l'extrême gauche.
« Il a démarré à partir de la Rentrée 1968 et a oscillé pendant plusieurs années entre une tentative de reprise de main et l'explosion des lycées. Les administrations et le pouvoir politique tentaient de revenir à une vision de la discipline, de l'organisation scolaire et interne des lycées d'avant 1968 face à une extrême gauche qui se radicalisait et aavit pour objectif de bloquer totalement le fonctionnement des lycées » explique t-il en donnant l'exemple de la réforme dite de la participation, c'est-à-dire la présence dans certaines instances de lycéens élus par leur pairs dans les conseils d'administration et de discipline. « Le choc va être frontral. Le pouvoir a mal apprécié la situation et l'ampleur de sa réaction répressive : exclusions massives de lycéens, interventions policières violentes comme au lycée Michelet à Vanves, notamment dans le cadre de la campagne de « politisation » de 1969 où il s'agit pour des militants d'extrême gauche d'imposer dans les lycées, la présence de personnalités politiques, la projection de films et d'organiser des débats militants ».
Il est difficile de faire la chronologie exacte des événements qui ont touché le lycée Michelet, notamment durant l'année scolaire 1968-69, mais le lycée était devenu « une véritable péteaudière » : manifs, incidents divers, distribution de tracts. Le 22 Janvier 1969, le lycée était fermé après une intervention de CRS. Le 23 le Rectorat était occupé par des lycéens dont 34 étaient arrêtés et contre lesquels des mesures d'exclusions furent prononcés le 2 Février - 11 étaient de Michelet - provoquant la résiliation de leur sursis d'incorporation et leur incorporation dans la foulée, ce qui provoqua bien sûr des réactions. En réaction, une grève de la faim durant 5 jours fin Mars 1969, a été organisé pour obtenir la libération par l'armée de 3 étudiants incorporés « après résiliation de leur sursis consécutif à une sanction prise par le Recteur après invasion du Rectorat, désordres et déprédations inadmissibles ayant entraîné quelques troubles ». 4 d'entre eux durent être évacués deux jours à l'hôpital. Les choses ont paru alors se calmer, tout au moins jusqu'aux élections présidentielles, « grâce à un proviseur et un censeur, (MM.Chevalier et Galéazzini), à la fois énergique, efficaces et libéraux ». Mais l'atmosphère n'y ait pas idyllique pour autant » comme le note un professeur du Lycée Michelet
La campagne présidentielle vit l'organisation de « présentations de publication politique ». « animées par des lycéens strokystes ou
anarchiques » selon les rapports du Proviseur à ses autorités. D'ailleurs Paris Presse l'intransigeant dresse, dans un article paru le 7 Mai 1969, un tableau apocalyptique de la situation : Programme étudié à 40 ou 50%, 800 carreaux brisés, 88 départs d'élèves, 20 demandes de mutation (de profs). « C'est un bagne pour les enseignants. Les études souffrent de l'agitation.
Mais les élèves font de grand progrès à la belote » témoigne un professeur de littérature, M.Thiollier. Il revenait d'ailleurs sur la gréve de la faim entre les 24 et 29 Mars 1969 : « Le tiers des élèves s'agitent dans le comité de soutien aux grévistes de la faim qui veulent obtenir la libération des étudiants retenus par l'armée après les mesures d'amnistie du Conseil Supérieur de l'Education. Le lycée est devenu le bagne des professeurs : meetings, distributions de tracts, affichages, graffitis, clameurs. Les grèves de soutien du SNES alternent avec les classes transformées en séances explicatives, profs et élèves gauchistes retrouvent l'exaltante fraternité de Mai et de Juin. Le proviseur (J Chevalier) souffre de voir son autorité bafouée et les décisions de la commission permanente et du Conseil d'administration tournées en dérision » raconte t-il en parlant de conférences d'anarchistes sur l'objection de conscience et l'insoumission, de projections de films sur les brutalités policières, l'activité soigneusement orientée du ciné-club, de séances de nus artistiques masculins et féminins organisées par le club photo, de raids sur le Rectorat.
A SUIVRE..
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