27.09.2011
Grève des enseignants, nous avons donné la parole à un gréviste de Vanves
Bonjour Monsieur Davy,
Mouvement d'ampleur, cette grève du mardi 27 septembre a besoin d'être expliquée afin que chacun des usagers de l'Education Nationale mais aussi que chaque citoyen comprenne les revendications sociales que nous pouvons avoir. Je vous remercie de m'avoir proposé d'apporter ma petite pierre à une meilleure compréhension de ce mouvement.
Pourquoi la grève ?
La grève est dans la culture française une des principales manières de provoquer le dialogue social entre employeurs et salariés.
Pour les emplois publics, il est souvent l'unique manière d'imposer un rapport de force avec l'Etat qui cherche toujours le conflit plutôt que le dialogue. En effet, il est plus simple de dire "les fonctionnaires sont toujours en grève" plutôt que d'avouer que le dialogue social n'existe pas avec ce gouvernement actuel.
L'illustration de ce rapport de force est parfaitement illustré par la situation de la dernière grève que j'ai vécu cette année.
En effet, à VANVES, dans l'établissement où j'enseigne, nous avons réalisé un mouvement local, à la rentrée, afin d'obtenir des postes d'enseignants, des heures et même des ouvertures de classe. Le résultat a été qu'en une semaine, nous avons obtenu un rendez-vous avec l'Inspection d'Académie et rapidement, cette institution tutellaire a respecté notre demande et nous a permis d'obtenir plusieurs heures supplémentaires hebdomadaires. Cette bouffée d'air frais nous permet aujourd'hui d'avoir moins d'élèves par classe dans certaines disciplines, plus de sécurité en Sport (EPS) et une ouverture culturelle avec l'enseignement par la chorale.
Nous avons là une grève qui prouve que seul notre action peut faire avancer les choses. Sans grève, nous aurions continué à avoir par exemple 30 élèves dans une discipline de langue vivante et des enseignants d'EPS responsables de conditions de sécurité inacceptables. Aujourd'hui un souffle d'air frais nous a été communiqué.
Quelles sont les revendications de cette grève du 27 septembre ?
Les revendications sont celles que nous avons eu localement à la rentrée et des questions plus générales de politique éducative.
La politique actuelle du Ministère de l'Education Nationale (MEN) est inadmissible :
- suppressions de postes (en 2011, 16 000 postes en moins - 85 000 depuis quelques années)
- non remplacement d'un fonctionnaire sur 2
- augmentation des h/e. L'h/e correspond à un indice clairement transparent, il s'agit du nombre d'élèves sur le nombre d'heures d'enseignement qu'obtient un établissement pour organiser son service. Ainsi, le nombre d'élèves par classe augmente sans cesse. A VANVES, plusieurs classes en collège sont à 30 et en lycée à 35 élèves et plus (la moyenne est de 35). L'enseignement dans cette condition est précarisé.
- formation des enseignants aujourd'hui inexistante depuis la rentrée dernière
Cette politique clairement budgétaire à très court terme provoque des situations gravissimes à moyen terme et le gouvernement ne veut écouter toutes les études et les chercheurs qui le disent.
Imaginez un travail (aussi belle vocation que ce soit !) où les règles nouvelles sont : travailler plus pour gagner moins, des conditions alourdies, stagnation des salaires (et donc baisse forte du pouvoir d'achat), augmentation des charges sur salaire dans la retenue pour pension et changements de rythme et cadence.
Imaginez notre mission d'enseignant aujourd'hui détruite par des choix politiques : 80 000 élèves en plus en 2011 et 4 800 enseignants en moins, le métier dénigré dans sa condition et les élèves non respectés par le MEN donnent une baisse dramatique (-51%) du nombre d'inscrits aux concours de l'enseignement, les élèves en difficulté sont englués dans des classes surchargées.
L'unité syndicale, le soutien de toute la gauche à ce mouvement et son ampleur qui touche enseignement public et enseignement privé prouvent qu'un réel changement est réclamé et que nous ne pouvons continuer à enseigner dans ces conditions dramatiques.
Enfin, 2012 aura-t-il un impact sur ces revendications ?
Je le pense et j'en suis sûr. Les revendications ont été entendues par le Parti Socialiste que je soutiens d'autre part. Il y a cohérence entre voter PS en 2012 et manifester son envie de changement de politique éducative dès aujourd'hui. Le revalorisation des métiers, la modulation des dotations par établissement en fonction des catégories sociales de nos élèves ou encore le rétablissement d'une formation des enseignants de qualité sont de vraies avancées pour les enseignants, les élèves et les Français en général.
Si ce mardi 27 septembre, les proches de Martine AUBRY sont dans la rue pour parler de politique éducative, des idées avancées par la candidate et des propositions d'avenir (priorité sur la petite enfance, sur la primaire, revalorisation du métier d'enseignant et allocations d'étude pour les étudiants), cela signifie certainement que 2012 se fera avec l'EDUCATION au centre des préoccupations.
Fabian Estellano
Conseiller Municipal, professeur
11:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vanves, hauts-de-seine, grève dans l'éducation nationale à vanves



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