31.10.2009

Coup de projecteur sur le MODEM de Vanves

Le Modem avait obtenu 7, 32% des voix lors du 1er tour de la dernière élection municipale dans notre ville. Le mode de scrutin les a empêchés d’avoir des élus ce qui est d’ailleurs dommage. Le Modem a pourtant des idées et des opinions sur les différents dossiers locaux et comme d’autres cette section va être engagée dans le débat électoral suscité par les régionales de 2010. Une bonne occasion pour interviewer Aurélie Marchand, Présidente de la section

 

Quelles sont les actions et idées défendues par le Modem de Vanves ?

 

La section vanvéenne du Mouvement Démocrate met en œuvre au niveau local les valeurs et les stratégies définies au niveau national. Elle ne se distingue pas particulièrement sur ce point. Nous avons le souci de maintenir notre activité locale sur la base, d’une part des quatre axes qui avaient défini notre campagne municipale, d’autre part sur la base d’un positionnement exemplaire.

Je vous rappelle que les quatre axes sont :

-          la démocratie. Les membres de la section sont présents dans toutes les commissions municipales mises en place et y participent, chacun selon ses compétences et ses disponibilités, mais tous de manière positive. Nous sommes des citoyens actifs, plus que des citoyens partisans.

-          La solidarité. L’un de nos axes forts de travail au plan local est de contribuer à la mixité et à la diversité sociale,  et à la solidarité intergénérationnelle. Plusieurs projets sont en cours de définition dans ce sens. Nous avons d’ores et déjà engagé plusieurs axes de travail. C’est le cas notamment de la diversité culturelle, avec le soutien à la salle de prière accordée par la commune à nos concitoyens musulmans, de la mixité sociale, dans le cadre d’un travail sur l’habitat et le logement et des solidarités intergénérationnelles que nous souhaitons illustrer dans des projets concrets dans notre commune.  

-          Le dynamisme. Nous sommes particulièrement attachés au maintien et à la vivacité du commerce de proximité sur l’ensemble du territoire de la Ville. Nous déplorons que la municipalité n’accorde pas suffisamment d’attention à ce sujet.

-          La responsabilité. Nous soutenons toutes les actions visant à développer la participation de tous au développement durable. Nous soutenons notamment les excellentes initiatives dans ce sens de l’association « La Ruche ».

 

En quelques mot, voici notre positionnement :

-          mettre en place un fonctionnement démocratique dans lequel chacun trouve sa place et puisse agir et être entendu. L’essentiel pour nous a été de développer un mode de fonctionnement collectif fondé sur la coopération entre tous. Nous sommes déjà fiers d’avoir réussi en deux années d’existence dans des circonstances politiques difficiles, à avoir créé un véritable collectif humain, fort de sa diversité (générationnelle, sociale ou de culture politique), tout en restant efficace.

-          Maintenir et développer une relation aux autres forces politiques qui soit fondée sur la confiance réciproque, plutôt que sur le combat permanent. C’est en confiance que nous nous permettons d’affirmer nos positions, faire part de nos accords comme de nos désaccords. Nous sommes aidés en cela, il faut le reconnaître par l’existence d’un bon climat politique dans notre commune.

-          Inventer progressivement un mode de militantisme permettant à l’adhésion politique d’être un moment de convivialité, enrichissant pour les adhérents, en les aidant à rassembler autour d’eux.

 

Tout cela est un travail de longue haleine, dont la visibilité reste insuffisante, mais qui nous permet de disposer d’une équipe solide et unie.

 

Aurélie Marchand, pouvez-vous nous préciser en quelques mots la vie de la section locale du Modem ?

 

Notre section locale a une vie rythmée sur trois tempo à la fois :

-          le tempo national, avec les grands débats qui parcourent notre société au fil des évènements qu’elle affronte. Sur ce point, nous veillons attentivement à faire connaître les positions de François Bayrou, et la section est bien représentée dans différentes instances du Mouvement. Je suis membre de l’équipe nationale de médiation, Bernard Léon a en charge la commission nationale de réflexion sur le développement durable. Gilles Guillamot a des responsabilités au mouvement des Jeunes Démocrates, et bien d’autres encore sont actifs, tant dans les commissions que dans les instances départementales.

-          Le tempo local, parce que nous sommes attentifs à la vie de la cité. Nous sommes tous très attachés à notre sympathique commune. Nous sommes présents aux principaux évènements, à l’écoute des citoyens.

-          Le tempo individuel. Les uns et les autres ont de nombreux engagements dans la société. Nous veillons à les respecter et à permettre que ces engagements soient des moyens d’enrichir notre vie collective et citoyenne.

 

Question technique et non polémique, à quoi cela sert un parti politique qui n’a pas d’élus municipaux ?

 

Si nous étions politiciens, je me contenterai de répondre qu’un parti politique qui n’a pas d’élus a pour tâche de préparer le terrain pour avoir des élus lors du prochain scrutin. Mais nous avons une idée plus haute de la politique : pour nous, il ne s’agit, ni de faire des promesses, ni de faire peur, mais de compter sur l’intelligence et la responsabilité des citoyens. Il y a, en dehors du conseil municipal, tous les jours des occasions d’agir en tant que parti politique.

 

Le fait de ne pas avoir d’élus est choisi, et non subi. Nous aurions pu choisir de rejoindre l’une des deux listes présentes au deuxième tour. Je crois que l’une et l’autre auraient accepté notre renfort. Mais nous avons préféré garder une liberté qui nous permet de ne nous comporter en bons citoyens vanvéens : avec le maire, et en restant critiques. Nous avons, contrairement à d’autres communes du département, la chance de ne pas avoir de personnalités « repoussoir » dans aucun des deux camps !

 

En attendant, malgré notre absence au conseil municipal, malgré notre très faible présence à l’Assemblée Nationale, je crois que le MoDem occupe bien des conversations, à droite comme à gauche, parce que justement il est une réponse à un problème et de la droite (déséquilibrée et désorientée par l’action désordonnée du président) et de la gauche (déséquilibrée et désorientée par l’incapacité du Parti Socialiste à trouver une nouvelle voie).

 

Quels sont les dossiers sur lesquels vous êtes en accord avec la Municipalité ? Et ceux pour lesquels vous êtes en opposition ? Et pourquoi ?

 

Nous n’avons pas volonté à nous distinguer de la Municipalité. Nous apprécions globalement son action quotidienne et les services qui ont été mis en place. Je dirai simplement qu’il nous faut faire plus :

-          en matière de démocratie, en donnant plus de visibilité aux actions mises en place dans le cadre des commissions et des conseils de quartier… mais aussi en montrant qu’y sont souvent posées de réelles problématiques de société.

-          En matière de gestion globale, nous nous inquiétons fortement du niveau d’endettement de la commune, qui risque de porter préjudice à l’efficacité de ses actions futures.

-          En matière symbolique, nous avons apprécié comme une faute politique le jumelage avec une ville qui est interdite d’habitat aux citoyens israéliens d’origine palestinienne !

-          En matière de développement durable, nous souhaiterions plus de visibilité de l’action, et surtout la mise en place d’espaces de dialogue et de mobilisation.

 

François Bayrou a annoncé des listes autonomes pour les régionales de 2010, quelles conséquences cette décision va avoir en Ile-de-France ?

 

Cela va permettre aux franciliens de s’exprimer en tant que franciliens…

Nous sommes heureux de pouvoir faire notre campagne. Et nous sommes malheureux que le rassemblement républicain que nous appelons de nos vœux n’ait pas déjà trouvé une forme d’expression visible…

 

Aurez-vous des représentants locaux sur la liste Modem ?

 

Probablement, mais la liste n’est pas bouclée.

 

Pouvez-vous nous expliquer la position actuelle du Modem au niveau des alliances politiques pour le second tour des régionales ? Et d’une manière plus générale au niveau national ?

 

Je crois que les choses ont été clairement dites par François Bayrou. Nous condamnons les dérives dangereuses du pouvoir actuel. Trop de décisions ou de lois injustes ont été prises. Trop de gesticulations ont nuit à l’image de la France dans le monde. Trop de main mises sur la presse, sur la communication, sur les hommes. Cela veut dire qu’il y a aujourd’hui, non plus, comme on voudrait nous le faire croire, un choix entre la droite et la gauche, mais il y a un choix entre la république démocratique et le management communicationnel. C’est un choix démocratique. Il faut privilégier ce choix là. Avant qu’il ne soit trop tard… Si le management par la communication prenait le dessus définitivement, c’est 220 ans de construction républicaine qui s’effacerait.

Ce qui veut dire qu’aux régionales, comme au plan national, nous ne ferons pas le choix de la gauche contre la droite, nous n’abandonnerons pas notre position centrale, mais nous rassemblerons tous ceux qui veulent défendre une certaine idée de la démocratie. La droite étant au pouvoir, nous savons les trouver à gauche et parmi les écologistes, mais nous ne désespérons pas des très nombreux républicains sincères, fidèles du gaullisme, électeurs ou membres de l’UMP, qui partagent nos valeurs. Les signaux ne manquent pas.

 

Quelle est votre opinion sur le départ de Christophe Ginisty du Modem alors qu’il avait été le candidat de ce parti aux Législatives sur notre circonscription ?

 

C’est toujours triste de voir partir un militant, mais si nous avons soutenu Christophe lors de sa campagne législative, nous ne l’avons pas revu à Vanves depuis. Il faut bien avouer qu’il s’occupait pour l’essentiel d’une autre circonscription : la planète Internet. Il est très difficile d’être très actif sur les réseaux sociaux d’Internet tout en maintenant une présence locale. La « démocratie du Net » n’a de sens que si elle est bien ancrée dans la réalité du quotidien.

L’action politique, ce n’est pas discuter et critiquer tout, tout le temps, à tout propos. C’est construire ensemble.

 

Dites-nous ce qui doit inciter des vanvéens à vous rejoindre au Modem ?

 

Construire un mouvement démocrate, ce n’est pas une opération miraculeuse. Il a fallu s’accommoder d’une structure de départ qui s’appelait l’UDF. Il a fallu s’accommoder de l’enthousiasme de ceux qui pensaient qu’il leur suffirait d’adhérer pour que tout change. Nous venons de vivre, pas toujours facilement au plan national, mais de manière tout à fait conviviale, régulée et équilibrée s’agissant de notre section, le choc des cultures politiques, parfois apolitiques… C’est maintenant que la construction sérieuse du mouvement commence. Dans le dialogue avec toutes les forces qui résistent au régime actuel. Où qu’elles soient.

Nous appelons les Vanvéens à se comporter en citoyens responsables, en acteurs du monde. Notre modèle de société privilégie la lisibilité et la transparence, il permet à chacun la réussite. Il fait de l’économie de marché non une norme absolue, mais un moyen naturel de création de richesses et de progrès social. Par contre, nous pensons que s’inscrire dans une démarche de développement durable est une absolue nécessité, car nous sommes tous préoccupés par le monde que nous lèguerons à nos enfants. Au MoDem, l’homme est au centre des préoccupations. Nous faisons de la politique pour ce monde-là. Pas pour mettre les institutions au service de l’argent. Nous ne sommes pas seuls à penser tout cela, mais au MoDem, nous le faisons ensemble, dans une ambiance conviviale et constructive. Voilà pourquoi rejoindre notre section !

 

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous auriez souhaité répondre ?

 

Croyez-vous toujours en la victoire de Bayrou aux présidentielles ? Et je vous livre la réponse : oui, plus que jamais.

Commentaires

C. Grébert (Modem de Puteaux) serait poussé par la base pour prendre la tête des régionales...

Une façon de lui tirer la chapeau pour sa mobilisation concernant l'affaire EPAD...

Ecrit par : Alcibiade | 02.11.2009

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