26.10.2008

Interview de Jean-Claude Vignal, nouveau Président de la section football du Stade de Vanves

Les Objectifs du nouveau président : Monter en Excellence et « Respect » de l’autre

Le Blog de Vanves a rencontré le nouveau président de la section de Football qui a pris cet été le relais d’Yves Saccard :  Jean Claude Vignal, cadre financier dans un réseau d’agences de voyages, n’est pas un inconnu pour les footballeurs de Vanves puisqu’il est arrivé dans cette section, comme joueur en 1975.   Cet homme attachant et passionné qui est carré et ne pratique pas la langue de bois, ne nous a pas caché que s’il avait su ce qu’il l’attendait, il n ’y aurait pas été, « parce que c’est beaucoup trop de soucis à droite, à gauche. Ces soucis du football prennent le pas sur mes soucis professionnels. Cela n’est pas bon, car le sport devrait un divertissement et un plaisir... » . Des paroles rassurantes et encourageantes de la part d’un dirigeant sportif bénévole en ces temps qui courent

Le Blog de Vanves – Qu’est-ce qui a amené Yves Saccard a passé la main et vous à accepter de prendre le relais ?

Jean Claude Vignal : « Yves Saccard a des problèmes de santé qui l’avait amené à annoncer voilà un an qu’il arrêterait à la fin de la saison dernière. En tant que Vice Président, je me suis senti « obligé » à prendre la suite. J’ai découvert un chantier important. Pour avoir été aux côtés d’Yves Saccard, durant la dernière saison, je me suis rendu compte que ce n’était pas une partie de plaisir. Il y a plus de soucis que de satisfactions. Mais il faut y aller. La section Football est la plus difficile du Stade de Vanves par la population que nous avons, par les difficultés que nous rencontrons. Mais ceci étant, nous préférons avoir les jeunes parmi nous plutôt que les exclure ou les voir traîner dans la rue. C’est pourquoi, nous nous intéressons à ces jeunes. Et la municipalité peut nous en être gré, parce que cela occasionne moins de soucis à l’extérieur. J’en veux pour preuve cette catégorie de 18 ans qui nous posait problème voilà deux ans. Nous avons réussi à canaliser ces jeunes. Maintenant, je m’aperçois qu’ils sont dans les tribunes et arrivent à applaudir certaines actions. Cela veut dire que notre rôle a porté ses fruits quelque part et qu’ils ne sont plus agressifs comme ils l’étaient par le passé. C’est cela qui m’a poussé à prendre la présidence de cette section

LBV – Quelle a été votre parcours au sein de cette section football ?

J.C.V. : « Je suis arrivé en tant que joueur senior à Vanves en 1975, puis j’ai joué en vétéran, et j’ai été dirigeant en m’occupant principalement des seniors ces derniers temps. En plus d’être Vice Président, j’ai été accompagnateur et dirigeant des seniors. Il s’agit des jeunes qui après 18 ans passent en catégorie seniors jusqu’à 35 ans où ils passent en Vétérans.

LBV – Et que l’on retrouve, pour certains, dans l’équipe première ?

J.C.V. : « C’est la locomotive, c’est la vitrine d’un club. Il faut que les jeunes s’identifient à cette équipe première, qu’elle soit une motivation pour rester parmi nous. Parce que nous faisons de la formation à l’école de football, avant de les prendre dans les équipes 13, 15, 18. Le but de tout cela est de pouvoir former ces jeunes et de les intégrer dans l’équipe première. Et c’est le cas, cette année, pour de nombreux jeunes de 18 ans. C’est une satisfaction d’avoir fait, en amont, ce travail, pour récupérer tous ces jeunes.

LBV – Quels objectifs vous êtes-vous donné en arrivant à la tête de cette section ?

J.C.V. : « Cette section comporte 250 licenciés dont 50% sont à l’Ecole de Football (6-12 ans), avec les 13, 15, 18 ans, les deux équipes seniors et les deux vétérans. L’objectif que je m’étais fixé, était, sur 3 saisons, de regagner la division Excellence qui est la plus haute division dans les Hauts-de-Seine, c'est-à-dire gravir deux divisions. C’est un pari raisonnable, ambitieux, tout en étant lucide que c’est difficile à atteindre.   Il faut savoir qu’il y a dix ans, nous étions en Promotion d’Honneur qui est le championnat de la région Ile de France. Voilà 2 ans, nous sommes descendus en 2éme division, et l’année passée, nous sommes remonté en 1ére Division. Notre objectif est maintenant de se placer dans la première moitié du tableau pour pouvoir monter l’année prochaine en Excellence.     

LBV – Et pour les autres ?

J.C.V. : « Mes intentions est d’avoir un éducateur qui puisse couvrir les 12 ans (benjamins) et les 13, les 15 et les 18 ans afin de créer une passerelle entre chaque catégorie, et qui soit mon interlocuteur principal. Et puis j’ai envie de soulever le problème du terrain synthétique au niveau équipement : Nous devons avoir un nouveau local pour le bureau qui nous permettra de s’équiper en informatique. Et un terrain synthétique que la municipalité nous a plus ou moins promis avant les élections, le terrain annexe de football étant injouable. Il semblerait que la municipalité devrait prendre une décision lors du budget 2009. Nous y tenons beaucoup d’autant plus qu’en la matière, beaucoup de progrès ont été fait, le terrain synthétique ressemblant maintenant presque à une pelouse. Quant au terrain d’honneur, nous sommes limités  à des heures d’utilisation (12 à 14H par semaine) alors que nous sommes à saturation.  Nous sommes obligés d’aller jouer sur le terrain de foot annexe en stabilisé qui n’est plus opérationnel à mes yeux, avec  des risques de blessures.

LBV – Quelle est votre vision du sport football avec tous ces derniers événements qui l’on a mis à la « Une »  ?

J.V.C. : « J’ai déjà rencontré les 15 et les 18 ans avec un mot fort : « Respect ». De l’adversaire, de vos éducateurs, de vous-même.    D’autant plus qu’il y a eu une catégorie des 15 ans qui, l’année dernière, a provoqué des incidents dans les clubs adverses. Je leur dit que je ne voulais pas être le président d’un club de voyous, parce qu’il y a 2 ou 3 perturbateurs. A partir du moment où chacun se respectera, il y aura beaucoup moins de problèmes. Mais malheureusement, je pense que c’est le reflet de la vie quotidienne, d’où des gens se sont exclus. On a l’impression que le football est un moment de défoulement, avec un climat d’insécurité, qui se traduit tous les week-ends par des agressions de joueurs d’arbitres. Nous sommes dans un schéma qui est inquiétant.. . Mais les gens prennent exemple de ce que l’on voit à la TV et dans les médias qui font du mal. Quant aux sifflets de la Marseillaise au match France-Tunisie, et le débat qui s’en suivit, il ne semble pas que la solution soit d’arrêter le match car les conséquences en  seraient plus graves.

LBV – Allez-vous continuer l’action entreprise avec la LICRA pour sensibiliser les jeunes justement à lutter contre les propos racistes ou la violence ?

J.C.V. : « J’y suis tout à fait favorable car je l’ai fait en rencontrant les équipes des 15 et 18 ans. Si on  conjugue nos efforts à plusieurs associations, nous pourrons faire bloc pour pouvoir juguler ces phénoménes de racisme ou de violence.

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