20.09.2006
La rentrée politique : la grande interview du blog
Dans quel état d'esprit abordez-vous cette Rentrée avec ses grands rendez-vous en 2007 ?
Lucille Schmid : « A propos de la présidentielle, nous avons cette échéance de Novembre. Nous allons entrer début Octobre dans la campagne interne. Je me suis engagé depuis Avril 2006 publiquement pour un soutien à Ségolène Royale pour différentes raisons : Tout d'abord parce que j'ai été l’une des fondatrices du courant NPS qui avait été créé par le trio Peillon, Montebourg, Dray et qui dans son manifeste demandait le renouvellement en politique, de tirer les leçons du 21 Avril 2002, c'est-à-dire la crise démocratique, et la capacité à se mettre davantage à l'écoute de la crise sociale. La candidature de Ségolène Royale a un grand succès depuis 8 mois à travers les sondages, mais on sent aussi une espèce d'attente de renouvellement. Ensuite parce que c'est une sorte de débouché naturel sur la loi sur la parité. Nous avons vu qu'elle avait des effets essentiellement dans les élections locales car il y avait une contrainte, mais qu'elle n'avait vraiment pas fonctionné à l'Assemblée Nationale jusqu'à présent. Mais aussi parce que 2002 a été un accident avec Le Pen. D'ailleurs les électeurs se sont largement reportés sur les personnes qu'ils connaissaient bien. Enfin le fait que les français aient envie qu'une femme se présente à la présidentielle, c'est aussi pour moi une espèce de conséquence de cette loi sur la parité, de tout ce débat actuel sur « comment le renouvellement peut être organisé dans la vie politique ». C'est vrai que j'avais envie de soutenir Ségolène Royale !
Est-elle en train de « crever » les scores comme le montrent différents sondages ou réactions ?
« Il y a d'abord ce que peuvent me dire des amis, des relations qui ne sont pas socialistes. Mon sentiment est que l'intérêt pour sa candidature dépasse largement le champ des initiés. Il y a une sorte de réveil politique autour de cette candidature. Et c'est quelque chose de palpitant pour moi qui est engagé. Il y a ensuite, par rapport aux militants socialistes, qu’elle attire, beaucoup de nouveaux qui sont d'ailleurs venus au PS, éveillés par sa candidature. Elle a créé une espèce de lien entre le parti socialiste et la société qui n'existait plus depuis longtemps. C'était d' ailleurs l'une des ambitions du NPS. Nous sentons donc l'intérêt en sachant que se pose la question des idées et du projet. Comme je vois que c'est une candidature qui surprend, j'ai le souhait qu'elle soit confirmée très vite par des idées claires, un projet, une ambition, et une capacité à être pugnace. Surtout qu'elle aura face à elle - si j'ai bien compris - Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UMP. Il y a besoin, pendant cette campagne interne, d'une confirmation sur cet échange des idées. Enfin, nous voyons bien que tous ces débats internes ont un lien avec les débats externes. On ne peut plus faire interne au PS sans tenir compte du regard de l'opinion sur nous ! Ce qui a été le cas lors du référendum sur le traité constitutionnel européen. Nous avons vu des effets de résonance permanent entre l'interne et l'externe.
Au niveau des élections législatives, comment vous préparez-vous au combat de David contre Goliath ?
« Je suis très contente de repartir à la conquête du siège d'André Santini. C'est un peu David et Goliath. Mais quand je me suis présentée en 2002, j'étais parachuté, pas très à l'aise certes, mais j'ai découvert, durant cette campagne qui était ma première, tout l'attrait de la politique. J'ai eu envie d'en faire un investissement dans ma vie. Etre désignée par les militants, j'y tenais, quel que soit la difficulté de cette circonscription où André Santini est député depuis presque 20 ans. Cela faisait partie d'une démarche personnelle, peut être un peu kamikaze, mais tout à fait réelle
Comment abordez-vous cette campagne ?
« Le lien entre la présidentielle et la législative sera fondamental, surtout si Ségolène Royale est désignée. S'il y a duel entre Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy, le résultat de la présidentielle jouera un rôle très important sur la législative, même si bien sûr André Santini est bien enraciné. Ce sera dans une situation plus simple pour moi s'il y avait un Président de gauche. Dans cette circonscription, nous nous heurtons à la principale difficulté de 4 endroits différents, d'hétérogénéité géographique avec Issy qui a la moitié des électeurs et les 3 autres villes qui se partagent l'autre moitié . J'ai pour suppléant, Laurent Piochot, conseiller municipal d'Issy-les-Moulineaux avec lequel je vais faire vraiment équipe. J'essayerai de bien couvrir le territoire avec un responsable et une équipe pour mener cette campagne qui ne le sera pas en solitaire. Comme je suis challenger, j'ai besoin de personnes pour m'épauler et que cela fait partie de ma philosophie en politique. Il est important de donner beaucoup de contenu à la campagne, d'en faire un vrai débat sur ce que c'est d'être député. La personnalité d'André Santini qui est un grand élu local écrase pour l'instant le débat sur « qu'est-ce qu 'on fait lorsqu'on est député, comment on travaille, comment on s'engage par rapport à ceux qui vous ont élu, quel débat on souhaite porter au parlement, comment on peut contrôler le parlement. J'ai une certaine connaissance des rouages administratives et politiques par mon métier. C'est pourquoi je trouve que la fonction de député n'est pas toujours très bien exercée. Il y a un contrôle démocratique à développer. Je voudrais placer cette campagne législative sous le signe du renouveau démocratique effectif en expliquant comment je souhaite faire les choses, et comment je pourrai être une député efficace en insistant sur le non cumul des mandats, sur le partage de la politique
Et par rapport aux enjeux locaux à Vanves ?
« Je ne serais pas candidate à la tête de liste pour les municipales - Guy Janvier sera candidat et je soutiendrai sa candidature - et je suis de toute façon contre le cumul des mandats. Il y a des démarches et un partage à faire en équipe. Ce qui ne m'empêche pas de porter beaucoup d'attention aux enjeux à Vanves : L'enjeu éducatif car on a la chance d’avoir de bonnes écoles mais il faut veiller à préserver ce niveau d’éducation pour nos enfants - c'est l'une des raisons qui explique l'arrivée de nombreuses familles nouvelles à Vanves. Si j'avais à faire un investissement durant cette campane des municipales, ce serait sur le secteur éducatif que j'aimerais m'impliquer en insistant sur certaines formes d'inégalités scolaires que je constate - et notamment sur le soutien scolaire qui devrait être organisé davantage et mieux. L'enjeu de l'accès aux loisirs, aux sports ; l'enjeu culturel en développant non pas l'offre qui est développée, mais la convivialité surtout dans une ville qui connaît une telle mobilité
Quel est votre état d'esprit aujourd'hui ?
« Je suis très heureuse de faire de la politique. Et je n'ai pas été heureuse d'en faire depuis longtemps parce que le PS a passé des moments parfois difficiles. Il y a là un élan. Peut-être ais je aussi l'impression, durant cette période, que je vais mieux concilier mes engagements personnels et familiaux et mes engagements politiques, car il y a une évolution dans la société française pour comprendre que les personnes qui font de la politique peuvent être à leur image.
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